Le producteur strasbourgeois CLOON vient de sortir son nouveau clip aux allures de série Z version 3e âge sur fond de dark techno. On en a profité pour tomber le masque et en apprendre un peu plus sur lui et sur ce qui se cache derrière ce sourire malicieux.

Aurélie Pinto

Quelle est la genèse de ton projet musical et quelles sont tes influences ?

J’ai commencé la composition à 18 ans et en 2018 j’avais envie d’approfondir mes connaissances alors j’ai suivi des cours à la Longevity School, j’ai ainsi pu améliorer ma productivité, ma technique de production, de sound design et de mixage. Avant, j’avais un profil très chill, un peu comme Petit biscuit ou Fakear. Et je me suis dit que ça ne me correspondait pas. J’ai une personnalité très excentrique, j’aime le côté sombre, underground. Quand j’écoute des artistes comme Gesaffelstein par exemple ou Justice, ça me transforme un peu. J’ai un peu ce côté ange avec le côté posé que tout le monde voit, mais aussi ce côté sombre. Ce projet, ça me permet de partager un peu ma personnalité clownesque. Voilà pourquoi j’ai décidé de créer un autre profil artistique beaucoup plus sombre et plus dansant. C’est un projet plus underground. 

Pourquoi CLOON ? Et comment cette identité se perçoit-elle dans tes prods ? 

CLOON c’est vraiment cette personnalité en moi : très humoristique, déjanté, et perturbateur. Même si je veux faire les choses bien, je suis assez inattendue comme personne. Dans l’univers cinématographique, le clown, c’est une personnalité assez dure à cerner et je lie beaucoup mes prods à cette façon de casser les codes. J’ajoute des sirènes de police par exemple, pour un esprit braquage, plus sombre, plus underground. Mais il y a aussi un esprit très humoristique derrière, avec aussi une touche du personnage du Joker, cette personnalité un peu déjantée qui voudrait retourner la scène à l’image des nuits berlinoises que l’on passe à danser, rigoler et s’oublier.  

Ton album “Escape game” est sorti au mois de mars, tu peux nous parler de ce projet ?

Cette année, j’ai quitté mon poste pour me consacrer à l’album. J’ai composé d’octobre à janvier et il est disponible depuis le 31 mars. Il y a 14 tracks. En fait, je compose énormément et de tout. Mais de base j’aime beaucoup les instruments ethniques, orientaux asiatiques, et on retrouve cette patte sur l’album, cette originalité. J’aime beaucoup varier les choses, mélanger les genres. Il y a aussi des influences rock parce que je joue de la guitare.

Comment on s’en sort à Stras quand la période de crise sanitaire nous prive de live ?

Et bien j’entretiens quand même mon réseau, j’ai créé un collectif avec d’autres artistes : Artezik. On essaie de trouver d’autres solutions, de contacter des patrons de bars, pourquoi pas faire des lives sur Twitch, etc. on est en pleine réflexion. Mais tant que les bars ne rouvrent pas c’est compliqué. Alors pour le moment je prends surtout le temps de composer, j’ai envie d’alimenter mon portefeuille artistique, je suis plutôt exigeant avec moi-même. 

Ton nouveau clip “Move” vient de sortir, tu peux nous parler un peu de la DA de ce projet ? 

Le clip a été réalisé par Thomas Desenne et la team Diplodocus Film. Il a déjà fait plusieurs courts-métrages un peu SF, ou sur des enquêtes paranormales, etc. À la base, on devait travailler ensemble sur Euphoria [ndlr. une autre track de l’album]. Mais il voulait plus d’histoire à raconter et il a trouvé qu’avec Move, il y avait vraiment un esprit humoristique et déjanté derrière. Au départ, on avait imaginé des personnes âgées qui faisaient une soirée et puis au final on a eu l’idée d’en faire revenir une à la vie et que son mari doive ensuite la nourrir avec des livreurs. C’est vraiment un scénario qui me plaît beaucoup, assez humoristique avec une vraie histoire derrière. J’en suis vraiment fière, c’est tout ce que j’espérais. C’est un peu ce qu’on retrouve dans les clips modernes de musique électronique, une histoire un peu décalée.


Pour retrouver CLOON :

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