Voilà maintenant un certain nombre d’années qu’un invité VIP, toujours le même, nous accompagne à chaque soirée ou évènement auquel nous participons. Il y accède à chaque fois sans passer le contrôle de l’entrée, sans jamais être inscrit sur la guestlist, s’immisce dans les conversations les plus intimes ou les débats les plus officiels, perturbe les corps en transe et les âmes en peine, se comporte comme le king des plus grandes scènes et des endroits les plus underground, infatigable compagnon adoré et parfois détesté de nos soirées et de nos nuits, doté d’un pouvoir qui lui est propre : celui de faire basculer notre soirée, notre journée du lendemain, voire pour certains notre vie entière sur un versant que nous n’avons pas choisi. 

Tu ne l’as pas encore reconnu ? C’est normal ! En plus de s’immiscer dans tous nos moments festifs, cet invité de marque est très habile pour se déguiser et prendre des formes colorées diverses et variées, quitte à parfois être même presque totalement indétectable : shooter, long drink, cocktail, pinte ! Ça y est ! Tu l’as identifié ! 

Bière, whisky, vodka, rhum, pastis, champagne, vin … toutes ces boissons contiennent la même molécule, celle dont nous allons parler aujourd’hui : l’éthanol, ou alcool pur !

Si l’alcool se contentait d’être présent uniquement dans le milieu festif et nocturne, on en ferait un sujet pour l’Oiseau de Nuit, on parlerait beaucoup de ses effets « positifs », un peu de ses effets négatifs… et ce serait déjà pas mal ! 

Mais sa consommation dépassant très largement le cadre de la fête, il peut être intéressant de rappeler certains faits, et de mettre un coup de projecteur sur cette substance addictive capable de faire pétiller les bons moments et d’apporter une touche de désinvolture à nos actes, mais capable également d’entraîner ses adeptes sur la pente glissante de la surconsommation, de la dépendance, et parfois même de la maladie et de la mort. 

« Ce que l’alcool m’inspire ? Des choses compliquées ! Cette impression d’avoir toujours soif alors que tu es déjà soul ! Le fait de vouloir trinquer avec tous tes amis et même ceux que tu connais pas encore ! Oublier de boire de l’ eau … alors que l alcool déshydrate ! Me dire le lundi j arrête… jusqu’à l’heure de l’ apéro …. ! » 

Max, 32 ans, paysagiste 

Pour comprendre l’impact phénoménal d’une molécule aussi banale sur l’humanité, je me suis penchée un peu sur son histoire, sur ses effets, sa place dans notre société, et surtout, j’ai donné la parole à des hommes et des femmes qui vivent l’alcool au quotidien : des consommateurs plus ou moins réguliers, un médecin addictologue, et des membres de l’association Itaque. Un peu d’histoire ! 

Les recherches scientifiques qui ont été publiées à ce sujet convergent toutes vers la conclusion : l’histoire de l’alcool est parallèle à celle de l’homme ! La consommation d’alcool chez l’homme semble dater du néolithique et résulte du hasard d’une fermentation alcoolique spontanée d’aliments sucrés ou farineux, genre des fruits.

Au fil des siècles, l’alcool s’est fait sa place dans nos quotidiens et dans nos sociétés. Boosté par la sphère religieuse (la bible comporte environ 500 citations relative au vin ), puis par la médecine et le commerce, l’alcool passe progressivement du stade de boisson sacrée, à celui de breuvage médical, et enfin celui d’un fléau à combattre à tout prix.

Ainsi, jusqu’au 19e siècle, s’il est fréquent de donner du vin aux enfants, notamment « pour les rendre plus forts », ce n’est que grâce aux progrès balbutiants de la science et de la médecine que les premiers méfaits de l’alcool commencent à être connus. C’est pour faire face aux ravages de l’alcoolisme (y compris infantile) et particulièrement marqué dans les milieux ouvriers, que les pouvoirs publics commenceront au début du 20e siècle à instaurer les premières mesures de lutte contre la consommation excessive d’alcool.

La place de l’alcool dans la société à travers le temps

1773 : « Un enfant sans nourrice a été nourri avec du vin doux. Il est très sain et très robuste » (La Gazette du commerce)

1866 : Louis Pasteur écrit que « Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons »

1873 : Promulgation de la Loi de répression de l’ivresse publique

1914 : Interdiction de l’Absinthe

1954 : Règlementation des points de vente

1956 : Interdiction de servir de l’alcool aux enfants de moins de 14 ans dans les écoles publiques.

1965 : Création du délit de conduite sous l’emprise d’un état alcoolique

1987 : Interdiction de la publicité dans les journaux pour enfants, sur les terrains de sport, et à la télévision.

1991 : Loi Evin : Renforcement de toutes les mesures de préventions citées plus haut

1995 : L’alcoolémie tolérée pour tout conducteur de véhicule est de 0,5g/l de sang (0,25 mg/l d’air expiré)

2006 : Préconisation d’absence de consommation pour les femmes enceintes sur les unités de conditionnement de boissons alcoolisées.

2007 : L’alcool devient une circonstance aggravante pour tous les délits commis sous l’emprise d’un état alcoolique (et non l’inverse ce qui était le cas auparavant …)

2016 : Création d’une infraction spécifique sur la provocation et la consommation excessive à l’égard des mineurs (binge drinking, bizutage …)

De nos jours, il faut savoir qu’au delà de nos frontières, il est officiellement interdit de consommer de l’alcool dans des pays tels que l’Iran, l’Irak, le Quatar, le Soudan, les pays du Maghreb, certaines régions d’Inde et d’Indonésie…  En France et en Europe, la législation est plus souple, probablement influencée par l’énorme poids économique des lobbys de l’alcool (mais c’est un sujet que je n’aborderai pas ici !)

Malgré une consommation globale qui tend à diminuer ces dernières années, le chiffre d’affaire de la filière alcool en France représente environ 20 milliards d’euros par an, et environ 10 % du budget « alimentation » des français est représenté par l’alcool… gloups … !

Associé à la gastronomie, au plaisir, à la convivialité, et à la fête, mais également aux dommages et aux méfaits que sa consommation peut provoquer, l’alcool suscite en France des oppositions et des clivages qu’il est difficile voire impossible de dépassionner. De ce fait, je ne vais pas essayer d’entrer dans le débat, et encore moins de le susciter !

En revanche, si le sujet porte à questionnement, c’est tout simplement parce que à coté du plaisir que boire un verre peut procurer, la consommation d’alcool peut aussi entrainer des dommages importants pour la santé et est directement responsable en France de 49 000 décès par an, voilà, c’est la partie un peu anxiogène de l’article.

« L’alcool, juste une des pires drogues, la plus insidieuse qui soit. Sous couvert de légalité et de culture, beaucoup de personnes n’ont même pas conscience de leur dépendance, voire des problèmes qui peuvent en découler… Un test simple à faire par tous les lecteurs de ton article : 72h sans alcool, on serait surpris des résultats ! »

Fauvette69, 40 ans, commercial

LES EFFETS PHYSIQUES, PSYCHOLOGIQUES ET SOCIAUX DE L’ALCOOL

A petite dose, l’alcool provoque les effets qu’on lui convoite, une délicieuse euphorie et une levée des inhibitions qui rendent la communication plus facile et les rencontres plus spontanées, du moins en apparence ! Le rythme cardiaque et la respiration s’accélèrent, on éprouve une sensation de chaleur, devient plus vif et plus détendu. On semble s’ exprimer plus aisément, notre goût, notre odorat et notre vue perdent légèrement en acuité, on devient aussi moins sensible à la douleur… bref, que du bonheur me direz vous ! 

À dose un peu plus forte, les premiers effets négatifs commencent à se manifester : temps de réaction et champ de vision diminués, maladresse dans les mouvements, on éprouve davantage de difficultés à évaluer les situations… Oui, c’est la qu’on commence à faire des conneries ! 

À dose encore plus forte, tous les symptômes physiques mentionnés ci- dessus s’accentuent. La vitesse de réaction se réduit fortement et les mouvements perdent toute coordination. Le sens critique envers soi-même disparaît. C’est en général à ce moment là qu’on fait des choses qu’on n’aurait jamais faites sans avoir bu et que les conduites à risques les plus dommageables se manifestent. 

Dans les cas extrêmes d’alcoolisation, il existe un risque élevé de vomissement, de black-outs avec perte de mémoire, la respiration et le pouls ralentissent. Dans les cas les plus graves il peut y avoir perte de connaissance, voire coma et arrêt cardiaque … 

« L’alcool pour moi … consommé en groupe, rarement seule, il permet d’ouvrir les vannes de la communication. Pour rire mais pas seulement. J’aime le partage d’un bon vin. « In vino veritas » dit le proverbe et j’approuve ! Je pense avoir l’alcool joyeux dans l’ensemble mais j’avoue souvent m’en vouloir de la gueule de bois du lendemain si elle a lieu! J’en consomme trop mais j’aime bien alors je m’en fiche ! » 

Julie, 44 ans, hôtesse de l’air 

Dans le cas d’une consommation plus modérée et/ou uniquement « festive », on est très facilement tentés de penser qu’on va échapper aux méfaits de l’alcool et que cela nous met à l’abri de tout risque physique massif ! Et bien que nenni ! Car bien souvent, ce qui se passe c’est une répétition d’épisodes où certes le corps n’écope pas de toutes les horreurs décrites plus haut, mais subit au fil du temps des dégradations importantes telles que : vieillissement de la peau, irritation de l’oesophage, diminution de la résistance aux maladies, atteinte hépatique, diabète, troubles de la sexualité, aggravation du risque de cancer, troubles du sommeil, dépression, troubles de la mémoire …. etc – je m’arrête là car la liste complète des méfaits peut être consultée sur n’importe quel site de prévention un peu sérieux – Liens à consulter à la fin de cet article.

Sur le plan social, si l’alcool peut au départ faciliter les relations sociales, le fossé est vite franchi entre désinhibition et agressivité, confiance en soi et perte de contrôle, recherche du plaisir social et isolement. On se situe là dans une dichotomie qui hante tous les buveurs plus ou moins réguliers que nous sommes : concilier le plaisir de la légère ivresse que procure la consommation modérée et raisonnée l’alcool, et le risque que représente un glissement involontaire vers une consommation plus forte que celle-ci ait lieu au cours d’une même soirée (merci la gueule de bois du lendemain), ou de manière plus insidieuse, en s’immisçant dans notre vie quotidienne, porte ouverte à une vraie dépendance, ou en tout cas à une prise de conscience parfois difficile à avoir. 

Pour mieux comprendre la place qu’occupe l’alcool dans le quotidien des strasbourgeois, on a récolté quelques témoignages et on a demandé à un psychiatre – addictologue de réagir à ces derniers.


Stéphane, 39 ans, professionnel de santé

« Mon avis est que tout le monde est sur la corde raide avec l’alcool, et ce quelque soit le niveau de consommation. Quand j’étais étudiant et que j’ai commencé à boire avec les copains, je me disais qu’il valait mieux se prendre une bonne biture de temps en temps que de boire un peu tous les jours. Le problème, c’est qu’une bonne biture en appelle une autre, et que les quantités ingérées augmentent au fil du temps. Je ne touchais pas un verre dans la semaine, mais le week end arrivé, c’était la cata ! Un jour, j’étais tellement ivre que je me suis retrouvé seul à la gare au petit matin, plus de veste, plus de portefeuille et plus de téléphone, et impossible de savoir ce qui s’était passé. J’ai d’abord pensé que j’avais été drogué à mon insu, mais mes amis m’ont dit plus tard que j’avais tellement bu qu’ils avaient pris peur et m’avaient raccompagné de force chez moi. Entre ce moment et celui où je me suis réveillé à la gare, c’est le trou noir, et même des années plus tard, aucun souvenir, amnésie totale. Pendant les quelques semaines ou mois qui ont suivi, je me souviens m’être vraiment calmé car je me disais que c’était allé trop loin. Puis, ça a recommencé.. pas dans des proportions aussi fortes mais quand même … même la meilleure volonté du monde risque de céder devant une pinte ! Comme quoi, finalement, quand on aime, rien ne sert vraiment de leçon … sauf peut-être un truc vraiment grave… A plusieurs reprises, je me suis dit que j’avais eu beaucoup de chance parce qu’il m’est arrivé souvent de conduire dans cet état, et qu’à part de la carrosserie froissée, il ne m’est rien arrivé de grave ni à moi, ni à autrui.« 


Vogue, 53 ans, Profession libérale 

« Mon regard sur l’alcool oscille entre détente et culpabilité ! Mon sentiment est que je bois trop souvent, et que je me trouve toujours des bonnes excuses pour me servir un verre. Je me sens coupable car j’ai peur des effets nocifs sur ma vie quotidienne. Pour le moment, je ne le ressens pas, mais ça pourrait le devenir. Les lendemains de soirée trop arrosées, je me réveille avec la peur de m’être grillé des neurones ! En plus, je sais que c’est mauvais pour le corps, pour la silhouette, et que ça accélère le vieillissement ! J’essaye de faire en sorte d’inculquer à mon fils de 17 ans qu’à son âge, l’alcool nuit à son développement cérébral, mais suis-je crédible au vu des apéros fréquents qu’il me voit boire avec mes amis ? Il ne me viendrait pas à l’idée de boire seule, je ne suis pas encore dans cet extrême et je m’en félicite. Selon moi, boire tous les jours est déjà une forme d’alcoolisme, mais boire seule est encore pire … Pourquoi c’est pire ? Car pour moi, boire avec quelqu’un a un coté convivial, pour moi, boire seul c’est être en échange avec son verre, ce qui est tellement triste. » 

Note de l’Oiseau de Nuit : Le cerveau se développe jusqu’à ce qu’on ait atteint l’âge de 23 ans environ. Il est particulièrement sensible aux substances toxiques jusqu’à cet âge. C’est pourquoi le fait de boire trop jeune peut causer des dommages irréversibles qui réduisent les capacités mentales, la mémoire et la maîtrise de soi. 


Lorenzo, 39 ans, artisan dans la métallurgie 

Je sais que je suis « alcoolique festif ». Même si je n’en suis pas à boire déjà le matin la semaine, j’aime voir arriver l’heure de l’apéro le soir pour boire une bière, un picon, un rosé ( ou 2 ou 3)… Quand arrive le weekend, pour bien le commencer, direction les courses pour être sûr d’avoir un bon choix pour tout le week end… Bière, rosé, crémant ! … jamais d’alcool fort. Et voilà, là je peux commencer mon weekend et il m’arrive de boire toute la nuit en soirée, d’aller au lit, et pour pas déroger a mon envie, et ben une bière des le réveil le dimanche, histoire de bien se dire que c’est encore le weekend jusqu’au soir ou j’irai dormir ! J’aime l’idée de l’ivresse, mais jamais d’être bourré à outrance. ( J’y arrive plus d’ailleurs !) Mais être pompette, avoir ce côté de légèreté… Mon dieu, en disant ça j’ai vraiment l’impression d’être un alcoolique.. mais c’est tellement vrai.. » 


Max, 23 ans, serveur 

« Même si j’apprécie gustativement ce que je bois, je consomme de l’alcool avant tout pour son côté utilitaire. En effet il me permet de me sentir bien dans des environnements très stimulants avec beaucoup de monde, de bruit, et autres stimulis sensoriels qui me poussent d’habitude à sur-analyser ce qui m’entoure et m’empêchent de vivre le moment présent. C’est aussi un bon dégrippant social, grâce auquel je vais pouvoir faire des rencontres ou avoir des discussions que je n’aurais peut-être pas eu. C’est aussi pour ça que je ne consomme pas d’alcool seul car ça n’a pas d’intérêt pour moi et j’aime avoir mes pensées au clair pour réfléchir. Je pense que ce côté inhibiteur est le principal moteur de la consommation dans notre société, c’est pour cela que les endroits où l’on trouve le plus d’alcool sont des lieux de rencontre. Après ça, il y a aussi la notion d’acceptation par les autres et de rituel, je le vois quand je sers une table et que tout le monde, mis à part une personne, commande de l’alcool. Cet outsider va très souvent se faire chambrer et remettre à sa place. » 


Julie, 22 ans, éducatrice de jeunes enfants 

« Des retrouvailles, du soleil, une bonne nouvelle ou la simple vue d’une table en terrasse… Tout est prétexte à se retrouver pour trinquer autours d’un verre de vin, pour prendre un spritz à l’apéro ou pour commander une bière à l’Happy hour. Aujourd’hui l’alcool fait partie intégrante de presque toutes mes soirées entre amis.  J’aime me sentir « pompette », avoir l’alcool joyeux qui va me donner envie de danser, de rencontrer du monde et de payer des tournées.
Je connais à peu près mes limites et je sais qu’il est temps que je m’arrête quand les gens qui bougent autours de moi commence à avoir deux visages ou que la musiques résonne trop fort dans ma tête. 
Même si souvent le lendemain matin je regrette d’avoir pris le verre de trop je ne culpabilise jamais de recommencer la semaine d’après ! » 


L’avis du Dr Lutz, Psychiatre, spécialisé en addictologie

Beaucoup de personnes entretiennent des rapports complexes et ambivalents avec l’alcool. Le mécanisme insidieux de l’addiction (lien hypertexte), l’impact des aspects culturels, sociaux, familiaux et le poids des lobbys alcooliers, entrainent souvent une lecture tronquée de son propre rapport au produit. 

Ajoutons que les pathologies psychiatriques modérées ou sévères sont souvent associées à un mésusage d’alcool (boire pour réguler ses émotions, pour gérer un trouble obsessionnel, des angoisses, une dépression, une autre addiction…). Mais l’usage régulier de ce produit va de manière systématique aggraver le trouble psychiatrique associé, entrainant alors un cercle vicieux pouvant être très délicat. 

La réflexion pour limiter les aspects négatifs de l’alcool doit, comme souvent en addictologie, se faire à 3 niveaux : la prévention (réguler l’offre, limiter la promotion, et informer les usagers – merci L’oiseau de Nuit pour cet article), la réduction des risques et le soin à proprement parler. Ainsi, il y a une responsabilité au niveau des pouvoirs publics, des établissements proposant de l’alcool, du cercle privé et de l’individu.

Au niveau du cercle amical ou professionnel, les tabous empêchent souvent un échange apaisé, alors qu’il est primordial de prendre le temps de discuter avec un ami ou un collègue qui nous semble en difficulté avec l’alcool. Je recommande alors de le faire en dehors de toute situation aigüe, à froid, sans alcool, de faire part de son inquiétude de manière bienveillante, sans juger, stigmatiser ou forcer quoique ce soit (chaque échange respectant ces règles est une porte qui s’ouvre vers une réflexion personnelle). 

Au niveau de l’individu, il est interessant de pouvoir se poser un peu pour réfléchir au rapport que l’on entretien avec l’alcool, de s’autoévaluer (AUDIT – lien hypertexte), d’en parler avec l’entourage ou avec un professionnel (lien vers : Ligne d’écoute et structures de soin). Notons que le risque de développer une addiction est très différent d’une personne à l’autre, du fait de son patrimoine génétique, de sa personnalité, de son histoire de vie…Malheureusement, de nombreux clichés, croyances et jugements viennent fausser la réflexion, et la formation des soignants reste encore insuffisante, avec pendant les longtemps la mise en avant d’attitudes paternalistes contre productives. 

J’entends souvent en consultation « ça fait longtemps que je savais que j’avais un problème avec l’alcool, mais j’avais honte d’en parler aux proches et peur qu’un soignant me juge ou m’oblige à arrêter toute consommation». Or l’intervention est plus efficace et simple si elle est précoce dans le processus de l’addiction. 

Apres quelques entretiens, les patients comprennent qu’il s’agit plus d’un accompagnement, avec des objectifs fixés par le patient, objectifs qui s’adaptent à la situation particulière de chacun. Ces objectifs sont amenés à évoluer en fonction de la réflexion, des expériences. Cet avis professionnel peut aussi permettre de faire un tour d’horizon des conséquences physiques et psychiques du mésusage d’alcool, qui sont souvent peu visibles pendant les premières années et de décider de ses consommations en ayant toutes les clés. 

Santé !

Lien hypertexte pour définition de l ‘addiction

Questionnaire AUDIT

Liste des structures de soin

Ligne d’ecoute, forum

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