« Il faut avoir une musique en soi pour faire danser le monde ».

Si vous ne savez pas comment débuter un papier, la réponse se trouve souvent dans une citation de Nietzsche.

Qu’y a-t-il de plus puissant que quelques notes qui nous pètent en plein coeur ? A cela je répondrai, pas grand chose. La musique est toute puissante sur nos émotions. Elle sait nous faire sourire lorsqu’on est triste et nous faire pleurer lorsqu’on est joyeux. Elle nous stimule, nous influence et nous accompagne dans tous les moments de notre vie. Bébé, on s’endormait déjà sur les douces mélodies que nous fredonnaient nos mères, mélodies que nous apprenions à notre tour à la maternelle, puis à l’école primaire. Au collège, la musique que nous écoutions définissait notre groupe d’appartenance, codait notre style vestimentaire et notre personnalité. Aujourd’hui encore, force est de constater que je partage étrangement les goûts musicaux de presque tous mes amis. Comme si les maillons invisibles qui nous lient étaient composés de notes de musique.

La vie aussi est une grande musique. Une introduction, un milieu, une routine qui s’apparente à un refrain, des temps forts, puis la fin. Certaines existences sont tristes et courtes, d’autres longues et heureuses, comme des morceaux de musique.

Ne vous vous en faites pas, j’ai bientôt fini la partie philo. C’est juste que je me suis lancé dans la rédaction de cet article sans trop savoir où je veux vous emmener, alors je dois poser le cadre. Il est important que nous soyons sur la même longueur d’ondes, et donc, que vous preniez en considération toute la place qu’occupe la musique dans nos vies.

Certains me diront « moi, je n’écoute pas de musique ». Ce n’est pas vrai ! Nous écoutons tous de la musique, tout le temps. Il y en a dans les supermarchés, les bars, dans les boutiques de luxe, dans l’ascenseur, dans la salle d’attente du dentiste, au JT de 20 heures. Une belle discussion, des mains qui claquent en rythme, le bruit des vagues qui s’écrasent sur le sable, le silence… Là aussi, il s’agit de musique.

Depuis les années 80, scientifiques, psychologues et chercheurs analysent les effets de la musique sur nos cerveaux. En Floride, la Loi 660 adoptée par le Sénat en 2013, exige que les garderies subventionnées par l’État fassent écouter chaque jour trente minutes de musique classique aux enfants. Appelée aussi le «Beethoven’s Babies Bill», l’objectif est de créer un programme visant à stimuler le développement cérébral des enfants entre 0 et cinq ans.

Mais connaissez vous réellement les bienfaits de la musique sur votre corps et votre esprit ?

En plus d’être une source inépuisable de plaisir et de motivation, la musique peut aider à calmer une douleur, à réduire le stress et l’anxiété ou à se concentrer sur quelque chose. La musique est aussi notre meilleure alliée pour faire du sport, en détournant nos pensées de l’effort et en nous stimulant.

Elle est par ailleurs une formidable machine à remonter le temps ! Quand on écoute une musique qui nous plaît, on active et développe les circuits de la mémoire. Certains de nos souvenirs sont aussi associés dans notre cerveau à des musiques. Dites vous que c’est un peu comme un tunnel spatio-temporel, elles sont capables de nous replonger dans le passé et de nous faire revivre des émotions.

Écouter une musique douce va diminuer notre sécrétion d’adrénaline, et donc nous apaiser. À l’inverse, une mélodie plus rythmée nous procurera de l’énergie. Si certaines musiques nous trottent dans la tête, c’est justement parce que notre cerveau devient dépendant à toutes ces substances bienfaitrices.

A chaque instant, un morceau de musique !

Oui, c’est là où je voulais en venir. Je regarde pas trop les infos, mais j’ai cru comprendre qu’on était parti pour rester confinés encore quelques semaines. Et si vous laissiez un peu de place à la musique dans vos journées ?

C’est pas évident de ne pas plonger dans la léthargie quand les jours se suivent et se ressemblent, dans une routine encadrée par quatre murs. Mais vos réveils ne seraient il pas plus doux sur fond de votre musique préférée. La vaisselle ne serait elle pas plus indolore si vous la faisiez en chantant des vieux tubes des années 2000 ? Et si vous travaillez de chez vous, un bel album de jazz ne vous aiderait il pas à rester concentrer ?

Ce vers quoi je veux vous emmener, c’est de prendre doucement le reflex de consommer de la musique, lorsque vous êtes sur le point de consommer vos réseaux sociaux ou d’allumer votre télé. Offrez vous une escapade, quelques pas de danse, fermez les yeux, évadez vous, plutôt que de scroller mécaniquement sans même savoir ce que vous recherchez.

Pour vous mettre le pied à l’étrier, commencez par vous confectionner une petite playlist évolutive qui vous accompagnera durant vos journées jusqu’à la fin du confinement. Besoin d’inspiration ? Je veux bien vous montrer l’exemple !


09h00 :

« Au réveil, c’est du Brassens quand j’émerge encore loin des gens. Ça met trois claques au sommeil, puis ça démarre intelligent » disait Grand Corps malade dans L’heure des poètes. Et que je suis d’accord avec lui.

Une plume redoutable, une élocution unique, du soleil pour les oreilles. Brassens, c’est le bouton « on » du corps et de l’esprit, indispensable, insaisissable, délicieux.

10h30 :

Avec le second café de la journée, j’aime doubler l’effet « coup de fouet ». Temps Mort, est le premier album d’Eli Yafa que vous connaissez tous sous le nom de Booba. Un chef d’oeuvre en avance sur ton temps, un condensé de street sublimé par une technique rédactionnelle irréprochable, bref, 20/20.

Parce que j’ai autant de mal à démarrer le matin que j’ai d’amour pour le rap français, Booba, au même titre que NTM ou Rockin Squat, sont des alliés de tailles pour faire face à cette force invisible qui m’attire encore vers le lit.

13h00 :

C’est un combat sans merci contre l’appel de la sieste et la digestion du dejeuner. Il me faut du rythme, de l’entrain, mais sans paroles pour garder ma concentration intacte.

No hay problema….il y a Pink Martini. Depuis 94, ce groupe américain de douze musiciens de Portland font vibrer leurs instruments, parfois leurs cordes vocales, pour donner vie à des productions inimitables dans des influences rétro, jazz, musique latine et lounge. De l’or en barre.

16h00 :

C’est l’heure d’une petite pause. Place au patron. La voix de fer dans une bouche de velours, place à Serge Gainsbourg. Pour m’envoler, laisser mes pensées voguer, pour suspendre le temps, Serge est celui qu’il me faut.

Plonger dans son oeuvre, c’est faire un pas vers le bonheur. Incisif, amoureux, borderline, mélancolique… Sa discographie ressemble aux moments de la vie

19h:00 :

C’est l’heure de l’apéro, la fin du boulot. On fait un bond dans le temps, en 1951, avec l’incroyable El Negro Zumbón (aussi connu comme Anna). C’est une chanson baião écrite par Armando Trovajoli pour le film Anna, réalisé par Alberto Lattuada avec Silvana Mangano.

Après la diffusion du film aux États-Unis en 1953, le rythme brésilien d’El Negro Zumbón a influencé la musique pop américaine et ce morceau a également été réinterprété par de nombreux artistes.

Une interstice de chaleur latine entrainante, idéale pour attaquer la soirée.

22h00 :

Admettons qu’on est en weekend, il n’y a rien qui me fasse plus d’effet qu’un bon vieux morceau de disco. Du groove, des gros riffs de basses, de la trompette et de la bonne humeur.

Cette pépite de Orlando Julius saura y faire pour vous faire déhancher avec un verre dans une main et ce que vous voulez dans l’autre. Redoutable pour lancer les hostilités d’un long weekend de confinement, durant lequel on vous encourage plus que jamais à écouter de la musique, et à lâcher prise.

J’espère vous avoir donné envie de brancher le câble jack, de sortir vos vieux disques et de vous en mettre plein les oreilles.

Et pour mettre un peu de pep’s à vos samedis soirs, voilà une playlist pleine de classiques house, funk et disco qui devraient faire plaisir à vos voisins.

Plus d'articles