Si la nuit et ses divertissements font partie intégrante des habitudes festives de millions de noctambules, ils ont pourtant longtemps été presque totalement ignorés du 7e art. Pendant des années, les quelques films y faisant ponctuellement référence préféraient mettre en scène les lieux de la nuit comme des endroits de perdition, ou servant de décors pour accueillir les transactions malhonnêtes de personnages peu recommandables. Trafic de drogue, banditisme, voyeurisme, escroqueries et autres activités de l’ombre pouvaient s’effectuer en toute quiétude, à l’abri des regards innocents mais sous l’oeil bienveillants de patrons et clients forcément complices. 

Puis, certains cinéastes ont eu l’idée de montrer les discothèques et clubs de nuit non plus exclusivement comme des zones de non-droit liés à la pègre et au crime organisé, mais comme de véritables lieux de vie et de fête, avec leurs codes, leur identité, leur rôle exutoire et leurs acteurs s’y plongeant parfois jusqu’à la folie. Casser son quotidien, danser jusqu’à la transe, chercher son âme soeur pour la nuit ou pour la vie, s’enivrer jusqu’à l’excès d’alcool, de musique ou d’interdits divers, partager ou simplement assouvir sa passion du son et son sens de la fête, … les motivations qui poussent chaque week-end des millions de personnes à ouvrir la parenthèse de la nuit sont nombreuses. 

Je te propose une petite sélection (non exhaustive) de films qui ont le mérite de mettre en avant la nuit , sa fête souvent excessive, et ses oiseaux bien décidés à ne fermer l’oeil que lorsque le soleil sera haut dans le ciel ! Si la plupart de ces oeuvres ne peuvent s’empêcher de pointer du doigt les dérives et dangers de cet univers, la plupart parviennent malgré tout à mettre sous les projecteurs les aspects fondamentaux de la scène nocturne, nous donnant ainsi l’occasion de comprendre ce qui s’y passe, et nous plonger pendant quelques heures au coeur du dancefloor sans bouger de notre canapé. 

Silence on tourne ! 


La Fièvre du samedi soir (1978), John Badham 

Si tu es passé à coté de ce succès planétaire, voici venu le temps de rattraper cette erreur ! Ce film  a constitué un des principaux tremplin de la mode disco des années 1970, et a propulsé John Travolta au rang de star mondiale en lui permettant de rafler l’Oscar du meilleur acteur, rien que ça !

« Tony Manero, un jeune New-yorkais agrémente sa vie terne en se rendant chaque samedi au « 2001 Odyssey », boîte disco où il est le roi de la fête grâce à ses talents de danseur. Sa rencontre avec la belle Stephanie lui fera prendre conscience qu’il existe peut-être un autre monde à découvrir au delà des murs de brique des bas-quartiers de Brooklyn. »

Ce film culte va au delà d’une simple caricature de la mode disco. Il revêt en effet des allures de fresque sociale, en mettant en scène les difficultés d’une classe (en l’occurence une famille d’émigrés italiens dans l’Amérique des années 70), qui lutte pour s’en sortir et rêve d’un absolu difficile à atteindre.

La Fièvre du samedi soir fut un succès instantané dès sa sortie en salles et a grandement contribué au succès ultérieur des Bee Gees. Saturday Night Fever est la BOF la plus vendue dans le monde (+ de 40 millions d’exemplaires).

Une anecdote ? Le mythique dancefloor s’allumait en jaune, rouge et bleu en rythme avec la musique et avait été construit sur mesure pour le film. Il mesurait 7m x 5m, et contenait plus de 250 caissons lumineux. En 2017, le club de Brooklyn où a été tourné le film s’est séparé de cette inoubliable piste de danse en la mettant aux enchères pour la somme de 1,5 millions de dollars. Je n’ai pas trouvé d’infos sur son riche et heureux acquéreur ! Si tu crois la reconnaitre un jour dans la cave ou le salon d’un de tes potes, préviens-nous !

Extrait : https://dai.ly/x2exnv 

Pour mater le film tranquillou en entier et en HD depuis chez toi : 

>> Google Play (2,99 €) https://play.google.com/store/movies/details?id=lBajUeQNbYk

>> Youtube (3,99 € en loc) https://youtu.be/lBajUeQNbYk


Human Traffic (1999), Justin Kerrigan

Bienvenue dans le monde des raves des années 90 !

Cette première oeuvre de Justin Kerrigan, s’attache au mode de vie déjanté d’une bande de copains englués dans un quotidien morose. 

20 ans après Saturday Night Fever, la jeunesse d’outre-manche se plonge à nouveau dans le clubbing (électronique cette fois-ci) avec une frénésie et une voracité simple à comprendre dans un pays où même respirer coûte de l’argent. « Boulot merdique, famille merdique, perspectives merdique !» pour nos 5 potes de Cardiff, le jeu consiste à oublier tout ça chaque fin de semaine en sortant et en se chargeant le plus possible, d’alcool mais surtout de substances dopantes nettement plus illicites. 

Ce film parlera sans doute à la plupart de celles et ceux ayant vécu les premières raves des années 90, avec des moments particulièrement réalistes et des séquences croustillantes, devenues depuis des scènes cultes ! Les autres resteront certainement beaucoup plus perplexes, et auront probablement du mal avec les théories existentielles vaseuses des personnages­ et leur humour parfois assez gras.

Mais en plus d’un humour indiscutable et d’une réelle sincérité dans ses descriptions, le grand mérite de Human Traffic est de nous éviter un moralisme rampant souvent présent dans les films traitant de ce sujet. Même le délicat virage de la descente après l’euphorie chimique est traité avec un peu de tact et beaucoup d’humour. On se prend facilement au jeu des personnages, en prenant clairement  partie pour eux contre la famille, les patrons, les institutions. Rien que pour ça, cette comédie est sympathique et mérite d’être vue !

La bonne nouvelle ? Plus de 20 ans après sa sortie, on a appris que le réalisateur Justin Kerrigan travaille sur la suite du film, et que cet opus sera « aussi pertinent pour la génération d’aujourd’hui que l’était l’original à sa sortie ». Personnellement j’ai hâte !

Pour mieux patienter jusqu’à sa sortie, il est toujours possible d’écouter en boucle la soundtrack du premier film. La bande son se partage entre morceaux rap, house, techno et big beat. Y tiennent le haut du pavé : Fatboy Slim, Public Enemy, William Orbit, Armand Van Helden et Carl Cox … qui fait une apparition furtive dans le film, je vous laisse découvrir dans quel rôle 🙂

Une scène culte , ici : https://youtu.be/TYZQdPo9E0w

>> Pour mater le film gratis en français (qualité moyenne): https://youtu.be/NaQb4uDOYzk

>> Pour mater le film toujours gratos, mais en anglais et de bonne qualité : https://youtu.be/ZIPjyDkB-Z8


24 Hour Party People (2002), Michael Winterbottom

« En 1976, Tony Wilson est présentateur d’une chaîne de télévision locale. Alors qu’il se rend à un concert des Sex Pistols, il repère dans le public les quatre membres du groupe « The Stiff Kittens ». Enthousiasmé par leur style, il organise quelques-uns de leurs concerts avant de créer le Factory Club pour faire jouer les groupes qu’il aime. Les Kittens deviennent « Joy Division » et le succès est immédiat pour Tony, leur producteur et créateur du label Factory Records. En 1980, le suicide de Ian Curtis, le chanteur du groupe, remet tout en question et « Joy Division » devient « New Order ». C’est le début d’une nouvelle époque pour Tony et son groupe… »

Ce film retrace les débuts de la scène musicale de Manchester, mettant en lumière les groupes qui imprimeront définitivement leur marque au fer rouge dans une bâtisse devenue l’épicentre du mouvement musical électronique des années 90 : L’Haçienda ! Pour celles et ceux d’entre vous à qui ce nom n’évoque pas grand chose, rappelons que ce club, définitivement fermé en 1997, a été le premier en Europe à faire la part belle aux sons de Chicago et Detroit, et a ainsi popularisé l’Acid House et la Techno en Europe. 

Mais malgré cette référence aux origines de la scène rave, ce film est avant tout destiné aux amateurs de Punk Rock et de Cold Wave.

Mêlant habilement images d’époque et scènes jouées par des musiciens-acteurs, 24 Hour Party People fait plus penser à un documentaire qu’à une fiction. Primé au Festival de Cannes en 2002, ce film permet de se replonger dans cette époque et cet univers mythiques qui ont fait rêver toute une génération à travers le monde. 

>> Le film en entier, en super qualité, gratos, et en VOST, ici : https://vimeo.com/334642676


Go Go Tales (2007), Abel Ferrara

« Dans la lumière noire, des corps nus se déhanchent lascivement pour le plaisir de quelques trop rares clients. Malgré la décrépitude financière, the show must go on, encore et toujours. C’est l’esprit du Paradise, petit club de strip-tease de New York menacé de fermeture où Ray Ruby règne en maître, avec un désespoir magnifique et secret. »

Go Go Tales décrit les tourments d’un club à la faillite et d’un petit microcosme qui se débat pour ne pas s’éteindre. A travers l’histoire du manager du club désespérément à la recherche d’argent pour que son univers nocturne et hédoniste continue d’exister, Ferrara aborde ses thèmes de prédilection : la dépendance au jeu, les nuits new yorkaises, mais aussi la résistance d’un petit club de nuit voué à disparaitre à cause de la spéculation.

Les amateurs d’ambiances tamisées et de corps dénudés seront comblés … mais au delà de sa mélancolie et de scènes mettant en évidence le délabrement progressif du Paradise, ce film est aussi une franche comédie qui ose prendre la parti du rire même sur un sujet triste. 

En compétition à Cannes en 2007, les spectateurs du film ont été très divisés, certains criant au génie, d’autres sortant consternés par ce Go Go Tales cacophonique et à la limite de l’amateur.

On te laissera te faire ton propre avis !


Studio 54 (1998), Mark Christopher

« Vers la fin des années 70, sur la 54e rue de Manhattan, dans un ancien studio de télévision abandonné, surgit dans la vie nocturne new-yorkaise un lieu qui va vite acquérir le statut de plus grande boîte de nuit de tous les temps. Le « Studio 54 », un lieu imaginé par Steve Rubell, un entrepreneur originaire de Brooklyn, devient l’âme et le symbole de son époque. »

S’il n’a pas été forcément bien accueilli par la critique, ce film haut en couleurs a au moins le mérite de faire connaitre ce club disco mythique. Inauguré en 1977, le Studio 54 est devenu par la suite un véritable modèle pour toutes les grandes discothèques du monde qui ont suivi. 

Le mélange des stars et des anonymes, le cruel filtrage à l’entrée, les carrés VIP, les baignoires de champagne, l’attitude no limit… sont nés au Studio 54. Temple de la débauche sans complexe, du sexe désinhibé et de tous les excès, c’est le seul endroit à l’époque où il est décent de se laisser aller complètement. Cette liberté sans pareil va d’ailleurs entrainer la chute du Studio 54. Lors d’une sévère perquisition la nuit du 31 décembre 1979, révélant une fraude fiscale chiffrée à 2,5 millions de dollars de l’époque et la distribution de toutes sortes de drogues au personnel et aux clients, les propriétaires sont arrêtés et contraints à la fermeture. Cela met fin aux 33 mois les plus fous de l’Histoire des discothèques. 

Film en loc sur Youtube pour 3,99 € : https://youtu.be/gUPu8ciEF3A

Et sur Google Play pour 2,99€ : https://play.google.com/store/movies/details?id=LxG5Wn4bOPM


La Nuit (2016), Julien Selleron

« Portrait d’une tranche générationnelle : les 30-40 ans qui refusent de vieillir et qui, pour échapper au formatage de leur vie, cherchent l’extase à répétition dans la nuit, la fête, le sexe et l’alcool. De fêtes d’appartement en bars de nuit, l’éternel recommencement des dérives nocturnes, où l’on se réinvente, se cherche, s’oublie. »

Aux côtés des personnages et de leurs rencontres nocturnes, c’est un portrait en coupe de la société contemporaine qui se dessine. Les aspirations et les craintes qui s’expriment.

Un documentaire séduisant autour du parcours festif de trois noctambules.


Berlin Calling (2008), Hannes Stöhr

« Ickarus, DJ compositeur de musique électronique berlinois à succès, enchaîne les tournées dans le monde entier accompagné de sa petite amie et manageuse Mathilde. Succès, drogues et vie décalée : pour cette icône électronique, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Mais ses abus commencent à avoir des conséquences sur ses relations professionnelles et amoureuses ! Un jour, au cours d’un énième after, il absorbe la pilule de trop, et est admis en cure de désintoxication. S’en suit une véritable descente aux enfers où la composition de son dernier album reste son unique bouée de sauvetage. »

Ce film permet de découvrir Paul Kalkbrenner (qui y tient le rôle principal et qui a composé presque intégralement la BO) sous un autre angle que celui d’un compositeur de musique surdoué. Sa crédibilité dans le rôle est parfaite et fait l’unanimité des critiques (probablement en raison de la correspondance entre la vraie vie de Kalkbrenner et son rôle d’Icarus dans le film).

Si le film met beaucoup plus l’accent sur les dérives chimiques du milieu et leurs conséquences sur la santé mentale, que sur la culture clubbing en tant que telle, il permet néanmoins à divers moment de l’histoire de se plonger de façon assez réaliste au coeur de la scène techno berlinoise, et d’y ressentir des ambiances qui vous donneront sûrement envie d’aller y passer votre prochain week-end. La plupart des scènes de clubbing en extérieur ont été tournées au Bar 25, et au Maria am Ostbanhof, lieux emblématiques du clubbing berlinois et disparus aujourd’hui, victimes de projets immobilier.

Le film met aussi en lumière le pouvoir salvateur de la musique et de la création musicale. On n’échappe pas à quelques clichés propres au genre, mais Berlin Calling reste un must pour les amateurs de culture techno. 

Dispo en VOST sur Netflix.

>> Si tu n’as pas d’abonnement et que tu veux le mater en VF gratis sur Youtube c’est ici : https://youtu.be/808vPBk_ufA


Frankie Wild (2004), Michael Dowse

Titre original : « It’s all gone Pete Tong »

« Frankie Wilde est le DJ le plus en vue d’Ibiza et vit comme une véritable rock star. Pourtant, son mode de vie et son travail finissent par attaquer son bien le plus précieux : ses oreilles. Frankie devient sourd. Incapable de finir l’enregistrement de son album solo attendu depuis des mois, abandonné par sa femme, son fils et ses amis parasites, Frankie disparaît et tombe dans la déchéance. Une rencontre insolite avec une sourde sera peut-être son espoir de rédemption. »

Ce film un tantinet barré ne plaira pas à tout le monde ! Certains n’y verront que le coté clinquant, caricatural et superficiel de la mise en scène (à l’image de la vie de son personnage principal ). En revanche, d’autres y verront un film divertissant et au final assez sensible, et qui à le mérite de dénoncer au passage l’impact de la drogue et du marketing abusif qui ont maintes fois pollué le monde du clubbing et du Djing.

Alors que le début du film ne fait que décrire la folle vie d’un Dj submergé par le succès, la suite tourne vite vers quelque chose plus authentique : l’histoire d’un artiste surdoué victime de ses excès, et de son oreille qui n’arrive plus à saisir les sons. Basée sur une histoire vraie, Frankie Wilde nous décrit alors une véritable plongée dans l’enfer, la nécessité de réapprendre à vivre, et la possibilité d’une renaissance. 

Note importante: Si vous voulez regarder ce film, matez-le en VO, ou en tout cas, ÉVITEZ À TOUT PRIX LA VF !! Le doublage et les voix sont catastrophiques !

Le film disponible sur Netflix 

Ou sur Youtube, pour 2,99€ en VOST : https://youtu.be/r_yn9Vzsfug

Sur Google Play pour 2,99 € en VF (mais je t’aurai prévenu que c’est nul !) : https://play.google.com/store/movies/details?id=_l2fqBJf0tc


Eden (2014), Mia Hansen-Love

« Au début des années 90, la musique électronique française est en pleine effervescence. Paul, un DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et créé avec son meilleur ami le duo «Cheers». Ils trouvent peu à peu leur public et commencent à jouer dans les plus grands clubs de la capitale. C’est le début pour eux d’une ascension euphorique, vertigineuse, dangereuse et éphémère. »

Inspiré de l’histoire vraie du Dj Sven Love (le frère de la réalisatrice), ce film français fait revivre l’euphorie des années 90 et l’histoire de la French Touch, tout en tombant (une fois de plus) dans le cliché de la chute de son personnage principal addict aux drogues dures et incapable de gérer correctement sa vie amoureuse !

On regrette que certains artistes majeurs de la French Touch comme Laurent Garnier, Mr Oizo ou Etienne de Crécy soient complètement absents du film. En revanche, amateurs de Garage, et fans des Daft Punk, vous y trouverez clairement votre compte (le gag récurrents de Thomas et Guy-Manuel refoulés aux entrées des soirées parisiennes est vraiment drôle !). 

Ce film flashback vous ramènera au coeur des premières soirées raves franciliennes, vous immergera quelques minutes dans l’euphorie des mythiques soirées Respect, et vous racontera le succès du Garage puis de sa chute face à l’ascension d’autres genres musicaux comme l’Électro. Un film qui au delà de la musique, raconte la vie d’un Dj qui n’a pas su s’adapter à l’évolution de son art. 

Eden est un film à voir (malgré ses faiblesses) car il nous offre plus de 2h de divertissement plutôt agréable, et surtout parce que pour une fois qu’il existe un film français sur la musique électronique et le clubbing, il ne faut pas passer à coté !

>> Netflix (Gratos avec abonnement)

>> Google Play ( 3,99 € en loc)  https://play.google.com/store/movies/details?id=uysi2IK1O2g

>> Youtube (4,99 € en loc) https://youtu.be/uysi2IK1O2g


Beat (2018), Marco Kreuzpaintner 

Une série-polar en 7 épisodes, avec en toile de fond la culture techno berlinoise

« Robert Schlag, surnommé « Beat »,est un jeune et célèbre promoteur techno dans un club berlinois. Organisateur de soirées, il est perché du matin au soir et ne voit que très peu la lumière du jour. L’univers de Robert est chamboulé le jour où il retrouve deux cadavres d’adolescentes suspendus au plafond de son club, le Sonar, et que les Services secrets européens cherchent à le recruter en tant qu’indic afin de faire tomber les barons de la drogue du milieu. »

Si tu ne connais absolument rien au monde de la nuit berlinoise, la plongée ultra-réaliste et sans concession de Beat risque bien de te donner quelques haut-le-cœur. La vie de Robert est marquée par une insouciance de tous les instants : drogue, sexe, alcool, stroboscopes et BPM puissants y sont omniprésents.

Si on se contente de penser que cette série associe le monde de la nuit à celui du mal, en laissant entendre que ses protagonistes sont happés par le vice et le stupre, on passe clairement à coté de l’enjeu. Il est préférable de de comprendre que cette série au scénario assez bien ficelé permet également de filmer et de comprendre ce qui se passe parfois dans le clubbing techno et dans la culture qui l’entoure. 

La description de la nuit berlinoise, si elle n’évite pas certains raccourcis inhérents au format série, se fait de manière brutale, crue et sans compromis. Le Sonar Club, lieu de l’intrigue, rappelle très fortement le Berghain, tant au niveau de son architecture que de son physio un peu à part. Et pour valider officiellement la ressemblance, c’est Marcel Dettmann en personne (résident réel du Berghain) qui sort un inédit de son chapeau pour le générique de fin du premier épisode.

Si Beat est loin d’être une série révolutionnaire sur le plan du scénario ou des personnages, le simple fait qu’elle parvienne à ne pas sombrer dans la caricature dès qu’elle évoque la culture club est une grosse victoire en soi.

>> La série complète est dispo sur Amazon Prime qui propose un essai gratuit de 30 jours, soit largement le temps de mater les 7 épisodes :  https://www.amazon.de/dp/B07HJFWQ4R

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