Si vous n’y avez jamais été, vous avez surement déjà entendu son nom. Cet hôtel pas comme les autres, situé à quelques pas de la gare de Strasbourg, s’impose depuis plusieurs années comme un véritable lieu de vie culturel de la capitale européenne.

Si il y a une personne au moins aussi unique et surprenante que le lieu lui même, c’est Vincent, le fondateur et maitre des lieux. De la suite dans les idées, de l’ambition et de l’énergie, il en a à revendre ! Assez pour que j’ai envie d’en savoir un peu plus sur les motivations qui l’animent.

Je suis allé à sa rencontre pour comprendre comment le projet Graffalgar a vu le jour, et comment cet hôtel est devenu un véritable lieu d’expression artistique.


Salut Vincent ! Pour commencer, est ce que tu peux me toucher quelque mot sur l’hôtel Graffalgar pour ceux qui ne le connaisse pas ?

L’hôtel Graffalgar est un hôtel de 38 chambres dont chacune a été décorée par un artiste différent de la région. Il y a aussi un rez de chaussée dédié à l’événementiel et à la restauration qui est ouvert à tous. Ma volonté était que l’hôtel s’implante réellement dans la ville, mais aussi dans le quartier, d’où l’ouverture que j’ai provoqué auprès des strasbourgeois pour en faire un véritable lieu de vie, en créant des événements de toutes sortes qui leurs sont dédiés. Il y aussi un restaurant, la Graffeteria, qui officie le matin, le midi et l’après midi. Le soir s’y déroulent les événements privés. 

Comment et quand est né le projet ? 

Après mes études en hôtellerie, j’ai exercé le métier de comédien pendant 20 ans. Mon père possédait l’hôtel Petit Trianon qui se situait dans la rue Déserte, à l’emplacement actuel du Graffalgar. J’ai repris les reines du Petit Trianon le 1er janvier 2009, à 6 h du matin, je m’en souviens encore. C’était un petit établissement de 25 chambres avec des prostitués et des macros, un hôtel de passe un peu insalubre, sans ascenseur, avec des chambres moins chères qu’au Formule 1. Le but était d’agrandir et de faire l’hôtel que j’avais en tête. J’ai bossé dans ce bouiboui jusqu’en 2010 avant de lancer le projet pour de vrai, de concevoir les plans et de chercher les fonds. Je voulais créer une extension de l’hôtel dans le bâtiment d’à côté. On a détruit complètement l’immeuble en ne gardant que les cloisons, et on a reconstruit ce qu’on appelle le Graffalgar numéro 1, un hôtel de 19 chambres, tout en continuant d’exploiter le Petit Trianon pour avoir des rentrées d’argent. Les travaux et l’aménagement ont duré un paquet de temps, j’étais pas du tout du métier du bâtiment, j’ai du apprendre sur le tas, puis au bout d’un moment j’ai trouvé mes marques, j’ai pris la place de l’archi, et là les choses ont décollés. 

Une fois ce second bâtiment achevé, j’ai exploité les deux hôtels pendant une année, puis les banquiers m’ont fait confiance et ont accepté de rallonger un peu d’argent. Ainsi, j’ai pu transformer le petit Trianon et en faire un Graffalgar numéro 2. Dés lors, il ne nous restait plus qu’à joindre les deux bâtiments par des trous dans les cloisons, et on avait un seul et même hôtel, le Graffalgar, tel qu’il est aujourd’hui. 

Au delà de la fonction d’hôtel dûment remplie, il se déroule pas mal d’animations et d’événements ici, tu peux m’en parler ? 

Dés le départ, on avait le souhait de faire des événements propres à l’hôtel, de tirer profit des particularités du lieu. On est pas une discothèque, ni un bar, on est un hôtel, c’était important pour nous de profiter du lieu pour ce qu’il est. C’est pour ça qu’on a créé des batailles des polochons géantes, des soirées pyjamas, des Cluedo à taille humaine…des évènements qui trouvent tout leur sens ici. 

Au delà du lieu, on voulait aussi rayonner sur le quartier, collaborer avec les asso et  acteurs qui s’y trouvent, leur proposer un espace pour s’exprimer. Il y a eu des réunions, des débats, des projections, il y a aussi la radio ODC qui y est installée…tous ces trucs un peu alternatifs, on aime bien que ça puisse se passer ici. 

Et puis, c’est génial de pouvoir nouer ces relations avec des gars qui ont une pêche d’enfer, qui démarrent un truc,  je suis super content de pouvoir leur donner la structure du lieu. C’est pareil avec les street artistes, tous les graffeurs ou peintres qui ont pu s’exprimer ici. Certains de ceux qui ont posé leur patte au Graffalgar ces 10 dernières années sont aujourd’hui très demandés, ils se sont fait un nom.

On pourrait presque penser que l’hôtel n’est finalement qu’un prétexte pour pouvoir faire plein d’autres choses, c’est le cas ? 

Oui complètement, c’est juste un prétexte ! J’étais comédien pendant 20 ans, j’ai pas lâché ce boulot que j’adorais pour faire hôtelier, même si c’est un métier que j’aime bien et pour lequel j’ai été formé, il fallait quelque chose en plus pour que je m’y retrouve. Et le truc en plus c’est ça, la mise en scène, le spectacle, l’animation. 

De quoi est composée la clientèle du Graffalgar ? 

Il y a une clientèle très riche et variée. Entre les  strasbourgeois qui viennent profiter de la cafétéria la journée et les touristes qui dorment à l’hôtel, il y a constamment des croisements, une vraie convivialité dans un cadre propice à la rencontre. De notre côté, on essaie d’inciter et de provoquer ces échanges. 

La clientèle du jeune en backpack, branché et connecté, je l’ai mais pas autant que ce que j’imaginais. Par contre, on a une clientèle de seniors qui m’épate et que je ne soupçonnais pas. Ces gens entre 60 et 70 ans, des « vieux cultivés » pour caricaturer le profil, qui ne veulent pas cautionner d’un IBIS ou autre, et qui partagent l’intérêt de notre démarche. J’aime beaucoup les recevoir, c’est gratifiant de parler au plus grand nombre. 

Vous pouvez retrouver toute l’actu du Graffalgar sur leur page Facebook. Restez connectés, on me chochotte dans l’oreillette qu’il va se passer des choses bien sympas ces prochains temps !

Plus d'articles